Reconversion dans les énergies renouvelables : le parcours de Baptiste Cotte
Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’échanger avec Baptiste Cotte, certifié de la promotion #8 du programme Entrepreneuriat dans les énergies renouvelables de l’École Polytechnique Executive Education. Il est responsable des ventes pour CARBON, une entreprise qui ambitionne de réindustrialiser le photovoltaïque en France et en Europe.
Baptiste, merci d’être avec nous !
publié le 20/06/2025
> Pouvez-vous nous parler de votre parcours avant de rejoindre le programme certifiant Entrepreneuriat dans les énergies renouvelables ? Qu’est-ce qui vous a mené vers les énergies renouvelables ?
Après un début de carrière en banque d’affaire et une dizaine d’années passées à développer une entreprise familiale dans la distribution de produits bio (l’Eau Vive), j’ai choisi de réorienter ma carrière alors que le marché du bio traversait une crise majeure. Le secteur des énergies renouvelables m’a paru être à la fois en croissance et en ligne avec des valeurs qui me sont chères (décarbonation, réindustrialisation).
J’ai vite compris qu’il me fallait une formation pour pouvoir faire ce changement de secteur.
Après une revue de l’offre de formation, j’ai choisi ce parcours certifiant, notamment suite à un webinaire de présentation. J’ai perçu la double perspective offerte par le programme, à la fois sur le volet technique et sur la compréhension marché. J’ambitionnais, après ce programme, de pouvoir facilement m’orienter au sein des énergies renouvelables, en crédibilisant ma démarche de reconversion.
> Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans la formation ?
Selon moi, les principaux points forts de cette formation sont :
- La qualité des intervenants : cela a été particulièrement enrichissant d’échanger avec différents experts dans leur domaine spécifique, comme Antoine Huard qui nous a fait la présentation du marché, ou encore Jordi Bardosa qui nous a brillamment présenté les activités de recherche dans les ENR sur le campus ainsi que les Smart grids et Nano grids dont il est spécialiste ; pour n’en citer que deux.
- Les travaux pratiques : cela nous a permis d’entrer en contact avec le réel. Nous avons fait de véritables manipulations en laboratoire et sommes, par exemple, montés sur les toits pour faire des tests photovoltaïques concrets.
- La préparation du business case et l’accompagnement jusqu’à la soutenance orale ont été particulièrement stimulants sur le plan intellectuel. Cette étape s’est révélée très formatrice, car elle nous a permis de mobiliser concrètement les outils de recherche transmis tout au long du programme. J’ai particulièrement apprécié la richesse des échanges avec les experts et les membres du jury, qui ont grandement contribué à structurer et affiner notre réflexion.
> Comment le programme vous a-t-il concrètement aidé dans votre projet entrepreneurial ?
J’ai choisi un business case en lien direct avec le projet Carbon – il s’agissait notamment d’étudier comment donner de la valeur à une production made in France dans un marché de commodité dominé par la Chine ; sur le segment du photovoltaïque résidentiel en France.
J’ai réalisé ce mémoire alors que je débutais chez Carbon en free lance. Cela m’a permis de rentrer dans le vif du sujet en structurant une démarche de recherche et m’a aussi crédibilisé dans mes premiers pas au sein de l’équipe Carbon. J’ai tout de suite pu apporter de la valeur par le fruit de ce travail. Par ailleurs, les réflexions menées sur le business case m’ont permis d’avoir une démarche commerciale pertinente vis-à-vis des acteurs du secteur.
> Aujourd’hui, où en est CARBON ? Pouvez-vous nous en dire plus sur la mission et l’ambition de cette entreprise ?
Pour rappel, CARBON a pour mission la réindustrialisation de la filière du photovoltaique en Europe avec la création d’une giga-usine de 5GW de capacité annuelle.
L'entreprise a franchi plusieurs étapes majeures dernièrement ; notamment avec l’obtention du permis de construire de la Gigafactory à Fos-sur-Mer, avec la présentation de nos prototypes de panneaux lors du salon Intersolar à Munich en mai dernier ; avec une levée de fonds (3M€) sur la plateforme de crowdfunding Enerfip. J’ai par ailleurs obtenu des lettres d’intérêts de futurs clients pour un volume qui dépasse la capacité de production de la première usine Carbon One (>500MW) ; ce qui est encourageant pour la suite !
> Quels défis rencontrez-vous aujourd’hui en tant qu’acteur industriel dans les ENR ?
Le secteur des ENR, et particulièrement le solaire, est en pleine effervescence. Partout à la surface du globe, la progression du solaire est portée par des couts de production en baisse, par la capacité à se déployer rapidement et localement, tout en faisant reculer la consommation d’énergie fossile (et a fortiori lorsque combiné à des moyens de stockage).
Pour autant, les perspectives de marché ne sont pas aussi claires car les défis relèvent désormais de choix politiques en Europe et surtout en France ; où le sujet de l’énergie est clivant. Il manque une vision, et une stratégie de mise en œuvre qui permettent un développement serein et visible à moyen et long terme. Ce flou désorganise la filière, limite les investissements et finalement nous éloigne d’une trajectoire idéale reposant sur un mix énergétique peu cher et bas carbone. Le principal défi à ce jour est de sortir de l’opposition nucléaire Vs. ENR. Fixons un cap et des objectifs de mix énergétique équilibré pour les 5 à 10 prochaines années.
> Avec du recul, quel a été l’impact le plus fort de votre parcours à l'Ecole Polytechnique Executive Education ?
Le principal impact de la formation sur mon parcours a été de me permettre une reconversion réussie vers le secteur des énergies renouvelables, en particulier le solaire. À un moment clé de ma carrière, après une première vie professionnelle dans la banque d’affaires puis dans le développement d’une entreprise familiale de produits bio, cette formation m’a offert les outils, les connaissances techniques et la crédibilité nécessaires pour opérer ce changement de cap.
Le programme m’a permis de structurer ma réflexion, de mieux comprendre les enjeux du marché, et surtout de travailler sur un business case directement lié au projet de CARBON, l’entreprise que je rejoignais alors en tant que freelance. Ce travail m’a non seulement permis d’apporter de la valeur dès mes débuts dans l’entreprise, mais aussi de m’imposer rapidement comme un interlocuteur pertinent grâce à une approche commerciale nourrie par mes recherches.
En somme, cette formation a été un véritable accélérateur de transition professionnelle. Elle m’a ouvert les portes d’un secteur porteur et aligné avec mes valeurs — décarbonation et réindustrialisation — tout en m’offrant un socle solide pour évoluer dans un environnement à la fois technique et stratégique.
> Quel conseil donneriez-vous à une personne qui envisage de se lancer dans l’entrepreneuriat dans les énergies renouvelables ?
Du fait de ses transformations en cours (et à venir), le secteur des énergies renouvelables offre énormément d’opportunités. Prendre le temps de se former fait partie des clés de la réussite d’un projet d’évolution de carrière et/ou de création d’entreprise. Au-delà des connaissances techniques, la formation apporte également une prise de hauteur sur les enjeux du secteur, ses risques et ses opportunités… en bref un état de lieux indispensable avant l’action !
Alors, si vous avez un projet professionnel dans les ENR, donnez-vous les moyens de devenir acteur du changement et dotez-vous des compétences clés grâce au programme certifiant Entrepreneuriat dans les énergies renouvelables !
Merci beaucoup Baptiste pour votre témoignage inspirant. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans le développement de CARBON, une entreprise qui incarne pleinement l’esprit du programme : innover, entreprendre, et agir concrètement pour la transition énergétique !